•  



    Quand j'ai été engagé comme Steward à la compagnie

    Air France,
    j'ai vraiment mis les pieds dans un "autre Monde".
    C'était au début des années 1970, les  anciens stewards
     me tapaient sur l'épaule et me disaient :

    " c'est fini la belle vie, tu vas souffrir maintenant".
    Ils se trompaient, du moins pour moi.

    J'ai passé les plus belles années de ma vie
     à voler dans les avions d'Air France.

    Plus de 15 000 h de vol.
    Moi qui m'appelle Tchernobrovkine et qui avec

    un nom si compliqué pour certains à prononcer,
     n'ai jamais été importuné, ni raillé, bien au contraire.
    C'est après Tchernobyl que ça se gâte. Mais ceci est une
    autre histoire que je vous raconterai.

    Une carrière  qui a  durée 33 ans à la compagnie.
    Jai quelques anecdotes et en voiçi une.

    En ce temps là, au début des années 1970 et à l'introduction
    de ce merveilleux avion le Boeing 747,
    nous faisions des vols "en mise en place",

    c'est à dire que des stewards ou des hôtesses,
    partaient sur une destination et étaient comme des passagers,
    ils ne travaillaient pas sur ce vol, ils étaient assis
    comme les autres passagers, sinon mieux.

    Et le plus beau de l'histoire c'est que la compagnie nous gâtait
    et nous mettait souvent en première classe.

    Ce qui m'est arrivé à maintes reprises.

    Un jour avec 3 de mes collégues,
    nous partons pour Los Angelès, nous sommes tous assis
     en première classe, habillés comme des Milords,

    il y a à bord,
    excusez moi du peu en passagers :

    Peter UstinovLee Majors et sa femme Farrah Fawcett
    et l'acteur chanteur Eddie Constantine.....

    c'est de ce dernier dont je vais vous parler
    Nous décollons, le service à bord se passe

    et nous profitons de ce service de première classe,
     nos collègues qui eux travaillent

    nous servent avec un grand professionalisme,
    ils savent qu'une autre fois, sur un autre vol,

    ils seront assis à notre place, à leur tour
    sur une autre destinationalors autant faire plaisir à

    ses collègues au maximum.
    A cette époque sur les  Boeing 747 d'Air France

    il y avait au premier étage un salon bar
     destiné aux premières classes.

    Aprés le repas nous décidons

    d'y aller pour un verre entre "copains".
     Et là était assis Eddie Constantine qui nous regardait

    tous les quatre avec attention.
     Lee Majors et sa femme était restés en bas à "roucouler",

    Peter Ustinov était lui assis au salon bar
    et discutait avec un ami qui l'accompagnait.
    Nous commandons chacun un verre au steward de service au bar,
     et là Eddie Constantine s'approche de nous et me demande

    avec cet accent que l'on lui connait dans ses films,

    en clair ce que nous allions faire exactement à Los Angelès.
     Pour lui c'était et je l'ai compris plus tard, une intrigue de voir

    4 jeunes de moins de 25 ans bien habillés
    et voyageant en première classe aller à Los Angelès la ville

    ou "Hollywood" est le pôle d'attraction.
     Peut-être pensait-il que nous étions de jeunes acteurs

    ou quelque chose qui s'apparente au "show business" .
    Ne sachant pas vraiment quoi lui répondre

    (bien entendu, nous n'allions pas lui dire que nous étions
    des stewards de la compagnie).
    Je lui balbutie une vague réponse et un début de conversation,

    (J'étais jeune et intimidé de lui parler)

    mais qui visiblement ne l'éclaire pas,
    et il part,  va s'asseoir au salon et boît son verre, 

    et  il continue à nous observer. Avec attention.
    Quelques instants plus tard, le co-pilote entre dans le salon bar

    et salue les passagers s'y trouvant.
    Eddie constantine se lève et va discuter avec lui.
    Je constate que son regard vire de l'étonnement

    qu'il avait sur notre présence, au mépris le plus total.
    Plus tard, le co-pilote nous dira qu' Eddie Constantine

    lui avait demandé qui nous étions.
    Et qu'il a répondu que nous étions des stewards,

    que la compagnie nous mettait quelques fois en première classe
    et que nous allions prendre le service pour le retour sur Paris.
    C'est là que j'ai compris, que nous n'étions pas du même monde.
    Et cela m'a fortement marqué. Je m'en souviens

    aujourd'hui comme si c'était hier.
    Pourtant je l'aimais bien dans ses films. Son allure, son accent.....
    Le mépris était fort visible dans ses yeux.......

    Dommage !.....

     

      

    Sa  biographie

     

     

     

     

     

    Je n'ai  encore rien trouvé sur Youtube pour

    la configuration du salon  bar sur Air France,

    mais ce qui est présentée sur cette vidéo est similaire

    à ce que j'ai connu.

     

     

     

     

    Le Salon

     

    Nous ne sommes pas du même "Monde" !....

     

    Retour à L'accueil

    Nous ne sommes pas du même "Monde" !....


    2 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique